Charlotte Link

 

Barbara et Ralph viennent passer les vacances de fin d’année dans une vieille maison du Yorkshire. C’est le point de départ pour déployer l’histoire de cette bâtisse et de ses habitants sur la première moitié du XXème siècle.

 

La guerre en toile de fond

La maison des sœurs ne se veut pas un roman historique. Toutefois, les deux guerres mondiales tissent une toile de fond, et sont largement citées dans cette œuvre qui trouve sa place dans l’Angleterre du début du XXème siècle.
La référence historique prend racine avec le combat des Suffragettes et la place des femmes dans la société anglaise dans ce tout début de siècle. 
Ensuite, la Première Guerre est dessinée sur le territoire français : la vie (ou plutôt la non-vie) dans les tranchées, la bataille de la Somme occupent le terrain. Le traumatisme des soldats ainsi que toutes ces vies gâchées tiennent également une place de choix dans le roman.
L’entre-deux guerres et la Grande Dépression sont plus survolées, pour une nouvelle plongée dans un temps de guerre : le roman se centre cette fois sur les conditions de vie dans la campagne et surtout à Londres.
Toutefois, ce sont les liens entre les personnages qui restent le centre de l’histoire et la raison d’être du roman.

 

Au cœur des liens familiaux

Ainsi que le titre le laisse entendre, le roman va se concentrer sur une bâtisse (« La maison ») et la vie de ses habitants (« des sœurs »).
Liens dans la fratrie, le couple, les parents, les parents et les enfants, les amants : rien n’y échappe. Les thèmes de la jalousie, l’amour, l’indifférence, le rejet, la haine, l’amitié, les retrouvailles et les séparations : tout y passe. Je dirais que c’est ce qui constitue le cœur du roman.
La maison en elle-même et le Yorkshire dans un sens plus large tiennent une place plutôt secondaire.
Au final, il en ressort une forme de désillusion, et quelque chose de plutôt sombre, pessimiste dirais-je. C’est comme si les belles histoires ne pouvaient exister, comme si les vies de famille devaient être compliquées, entachées par les jalousies et les secrets. Amoureux d’histoires qui font du bien et de sentiments lumineux, passez votre chemin.

 

Des allers-retours temporels

De façon classique et pour donner du rythme, les chapitres alternent entre l’histoire de Barbara et Ralph qui tentent de donner une seconde chance à leur couple en 1996, et les liens entre les familles Gray et Leigh cinquante à quatre-vingt ans plus tôt.
Toutefois, cela laisse la place à plusieurs longueurs, répétitions (les jeux psychologiques restant les mêmes, avec des personnages aux idées et attitudes figées), et à la tentation de lire en diagonale (à laquelle j’ai fini par céder).
Un roman intéressant, mais longuet.

 

Formats proposés à la bibliothèque

Le catalogue et le réseau des bibliothèques de Montréal proposent La maison des sœurs en format classique uniquement.

Couverture de La maison des soeurs par Charlotte Link, avec les pages d'un manuscrit en fond
Quatrième de Couverture de La maison des soeurs par Charlotte Link, avec les pages d'un manuscrit en fond

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