Célèbre
Maud Ventura
Décidément, Maud Ventura aime décrire les névrosées. Son premier roman Mon mari offrait une plongée dans les affres de l’amoureuse angoissée. Célèbre retrace la quête obsessionnelle de la célébrité. En route pour ce voyage de l’extrême…
Être célèbre pour être célèbre
Tel pourrait être le titre de cet ouvrage. Mais Célèbre se suffit : car c’est tout ce que recherche l’héroïne. Et uniquement cela. Jusqu’au point le plus extrême, le plus absolu, le plus abouti.
Le roman de Maud Ventura est intelligemment découpé en trois chapitres, trois étapes qui suivent le rêve, le devenir du projet (puisque devenir célèbre en est un) et sa réalisation. Tout y passe : l’enfance, les amis, la psychologie du personnage, les actions, intentions, calculs, réflexions. Finalement, le roman aurait pu tout aussi bien s’intituler Autopsie de la célébrité.
La célébrité ne fait pas le bonheur
En ce qui concerne la thématique elle-même, rien de nouveau sous le soleil : la célébrité en soi mène à une impasse. Elle ne garantit ni l’amour ni le bonheur.
La célébrité pour la célébrité tend le piège magnifique de la solitude. Difficile d’oublier que Dalida ou Marilyn Monroe (entre autres) l’ont bien expérimenté.
Et seuls les plus naïfs peuvent imaginer que personne réelle et personnage de scène ne font qu’un.
Le ballet qui entoure une célébrité est bien orchestré : Célèbre tisse la toile des attachés de presse et managers, transformant les supposés ‘’super pouvoirs’’ d’une super star en simples caprices d’une marionnette.
Mais.
Le parcours d’une névrosée
Effectivement, il y a un gros ‘’mais’’ : Maud Ventura plonge au cœur de l’extrême à travers un personnage obsessionnel, voire psychopathe. Une insatisfaite permanente. Ses coups de rage, de colère, sa mauvaise foi sont explorés en long, en large et en travers.
Cet aspect outrancier amène ses propres limites : de fait, l’héroïne n’est ni attachante, ni sympathique, et ne permet aucune projection. Même chercher quelle star internationale se cacherait derrière ce portrait tient de la gageure.
La signature Maud Ventura
Au même titre que Mon mari, Célèbre compte trop de pages. Beaucoup de lignes pour suivre les méandres d’un parcours border line… Et de la même façon, la fin est tout simplement impertinente et pétillante.
J’ai nettement préféré le second opus au premier, et si quelqu’un me demandait si Célèbre valait la peine d’être lu, je répondrais d’un « Oui, pourquoi pas ? »
Formats proposés à la bibliothèque
Le réseau des bibliothèques de Montréal propose Célèbre sous format classique uniquement.