Valérie Perrin

 

J’avais beaucoup apprécié Changer l’eau des fleurs. J’étais à peu près certaine qu’en choisissant d’ouvrir les pages de Trois, j’allais être bien servie. Bingo ! Dès les deux premiers chapitres, l’accroche est solide, avec un décor et une intrigue bien ancrés.

 

Trois, un roman maîtrisé

Les chapitres alternent et se répondent via un voyage dans le temps, deux époques distinctes qui évoluent en parallèle. La décennie 1990 d’un côté, l’année 2017 de l’autre. Classique, mais efficace. Valérie Perrin manie habilement cette construction temporelle et littéraire, apportant un rythme soutenu à l’ensemble du roman.

Ce rythme est également nourri par les études de caractère : aucun des personnages principaux (voire secondaire) n’est laissé de côté. Par petites touches, avec subtilité, le roman suit leur évolution aussi bien physique que psychologique ou encore sociale.

Cette subtilité trouve son apothéose avec un momentum très joliment amené. Un grand bravo pour cette trouvaille qui permet une deuxième lecture (je n’en dis pas plus).

 

De la légèreté malgré tout

Valérie Perrin manie cet art d’aborder des sujets pas toujours faciles (la solitude, la mort, le deuil, la violence) tout en maintenant une sensation de légèreté. C’est sans doute pour cette raison qu’ils sont souvent identifiés à des « livres de plage » ou « romans de vacances ». Ce serait dommage de passer à côté des thèmes abordés, et des réflexions qu’ils peuvent nourrir ou soulever.

Comment ne pas rire ou sourire en lisant : « Nicola s’ennuiera moins avec un congénère à quatre pattes qu’avec moi, une des personnes les plus sinistres et solitaires de la planète. Chez moi, même les plantes finissent par se suicider, refusent de s’alimenter, tombent des fenêtres, s’automutilent. Heureusement que mon tilleul est âgé, qu’il a eu le temps de pousser avant mon arrivée, de fréquenter le ciel de suffisamment près. »

Un seul bémol : le décor planté pour les années 90. Trop de références musicales finissent par donner l’impression de parcourir le Top 50 présenté dans certaines émissions de radio ou télévision de l’époque.

 

Au final

Un grand oui. Une très bonne lecture, distillée de belles surprises, qui permet de passer un grand (le volume est épais !) et bon moment.

 

Formats proposés à la bibliothèque

Outre le format de poche classique, le réseau des bibliothèques de Montréal propose Trois sous les formats suivants :

  • Version numérique
  • Livre parlant
  • Gros caractères
  • Version anglaise (titre : Three)

 

Couverture du roman Trois écrit par Valérie Perrin
Quatrième de couverture du roman Trois écrit par Valérie Perrin

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